Send Help (2025)

25 février 2026 Non Par sgtpepere
Affiche du film Send Help. Sur fond rouge, on voit une femme sale avec des habits visiblement en mauvais état (est-ce du sang, de la crasse ?) elle tient dans sa main gauche une torche allumée et dans la main droite, un collier avec un badge lui permettant de biper son entrée dans son entreprise.

Loin d'être effrayée, elle regarde le spectateur de haut.

Réalisé par Sam Raimi, avec Rachel Mc Adams et Dylan O’Brien

Lydia Liddle est une personne travaillant au service Planification et Stratégie d’une grosse boîte. Si le présent n’est pas très brillant, l’avenir s’annonce radieux puisque le PDG entend bien en faire sa vice-présidente. Enfin, entendait bien,
car le président vient de passer l’arme à gauche et qu’il est donc remplacé par son fils, tout droit sorti de ses études. Et ce dernier compte plutôt placer un pote de fac comme bras droit plutôt qu’une femme, certes ultra-compétente mais pas très “cool”.

Lydia regarde par dessus le muret du box où elle travaille. Avec de grosses lunettes et des cheveux pas très bien coiffés, elle fronce des sourcils.

Lydia fait pourtant partie du voyager pour Bangkok afin de s’assurer que le partenariat offert ne se transforme pas en la disparition de la compagnie américaine. Si elle est là, c’est qu’elle seule peut résoudre tous les soucis de la firme et non pas les quatre messieurs en costumes qui rigolent fort en regardant la vidéo que Lydia avait posté pour se faire embaucher. Car oui, Lydia est fan de l’émission Survivor et qu’elle connaît le monde de la survie sur le bout des ongles.

Ça tombe bien, l’avion connaît des perturbations qui vont causer son crash pas loin de la Thaïlande. Pour Lydia qui sera seule survivante avec Bradley, son nouveau patron, ce sera un rêve éveillé et la possibilité de montrer qui est réellement le patron.

Plan vu d'en haut avec une forêt de palmiers en bord de plage qui prend la moitié de l'image. 

L'autre moitié est quasiment prise entièrement par la plage sur laquelle se balade l'héroïne qui semble mininuscule face à la nature.

Send Help est donc le nouveau film de Sam Raimi, un réalisateur culte à qui l’on doit la franchise Evil Dead (sauf le remake Evil Dead Rise de 2023 mais inclus la série TV Ash vs Evil Dead), la première trilogie de films Spider-Man mais encore Un Plan Simple, Jusqu’en Enfer, Darkman, Mort ou vif ou encore le dernier Doctor Strange: In the Multiverse of Madness. Avec Send Help, il reprend deux éléments réguliers de la filmographie: la rigolade et les hectolitres de sang. J’exagère. Mais pas tant que ça.

Send Help est donc un film de survie avec 2 personnages que tout oppose, à commencer par leurs compétences face à un monde sauvage. Le message n’est pas hyper subtil, on le comprend assez bien: défense des droits de la femme, défense des compétences de chacun et chacune et retournement de situation par rapport à la hiérarchie dans le monde confortable qu’est le monde habituel. Là où ça commence à devenir intéressant, c’est quand Lydia, parfaitement consciente de ce qui arrive,
se fait très discrète alors que des secours pourraient les sauver tout deux. Est-ce par goût du jeu ou par goût du pouvoir ? Je vous laisse le découvrir par vous-même.

Est-ce que j’ai aimé mon visionnage ? Oui. Pour un film de survie, c’est plutôt cool. Malgré les embûches que vont rencontrer les personnages, le fait que Lydia soit une experte (qui a visiblement de la pratique) ne les met que rarement en danger. Mais par ci, par là, quelques détails nous sont donnés comme autant de fusils de Tchekov qui seront utilisés par la suite. À ce petit jeu, le scénario de Damian Shannon et Mark Swift (remake d’Alerte à Malibu, de Vendredi 3 et de Freddy vs Jason – oui, moi aussi, ça m’a fait peur en lisant la liste, heureusement que je ne la connaissais pas avant d’écrire cette chronique) est plutôt bien ficelé et se permet même de se moquer du spectateur et de sa suspension d’incrédulité. Cela permet au film de se conclure de manière relativement satisfaisante quoiqu’un peu facile.

Le duo d’acteurs Rachel Mc Adams / Dylan O’Brien fonctionne du feu de dieu et le comédien a un rire si étrange qu’il est rapidement communicatif. S’aimeront-ils, se taperont-ils tellement sur le système qu’ils s’entre-tueront ? Combien de coups bas vont avoir lieu ? On n’est pas loin d’un film à la Guerre des Roses mais là où le cadre familial qui se déchire ne m’amuse pas du tout, ici, le fait qu’il n’y ait pas de lien émotionnel entre les 2 personnages avec toujours la possibilité qu’il se forme est beaucoup plus intéressant, plus tendu, plus comique et parfois aussi plus tendre. Niveau humour, attention, c’est de l’humour à l’américaine qui est parfois assez gras et lourd (une belle scène de sauvetage peut parfaitement l’illustrer) mais une scène particulièrement habile où on parle couteau et masculinité est particulièrement bien fichue.

Au premier plan, une tête sanguinolente d'un sanglier. En tombant par terre, elle éclabousse le visage d'un homme blessé et allongé sur la plage.

Maintenant pour du Sam Raimi, ben, c’est relativement plan-plan comme réalisation, sauf peut-être pour la scène du crash de l’avion qui nous donne du mouvement de caméra, du grand-guignol, bref, ce qu’on attend habituellement du réalisateur. Avec son fils comme Second Réalisateur, je me demande jusqu’à quel point la folie cinématographique et la débrouillardise inventive ont réussi à franchir une génération. Espérons que le fils reprenne les bonnes idées que son père avait eu étant jeune. Mais bon, avec un cadre financier plus confortable, il ne sera peut-être pas obligé d’inventer autant que son père.

Send Help est donc un film sympathique où le format cinéma est appréciable afin de ressentir l’étendue de l’île déserte sur laquelle se trouvent les personnages. Maintenant, son scénario ne brille pas par la finesse de son intrigue et il me sera compliqué de m’en souvenir fidèlement. Il n’en reste pas moins un souvenir agréable qui me donnera probablement l’envie de le revoir quand il sera disponible sur une plateforme de streaming.

D’ailleurs, contrairement à ce que vos résultats sur moteur de recherche pourrait laisser penser, il n’y a pas de scène post-générique. Juste des modes d’emploi façon Ikea sur les différents outils de survie qu’on voit dans le film.